11 mai 2008
Trois artistes à "La Galerie"
C'est un lieu qui ne ressemble pas à un autre. La Galerie, installée dans une ancienne usine rue Maurice-Simono, a ouvert ses portes à Halluin. Elle est l'oeuvre d'un passionné d'art, André Fostier qui, à travers cette salle d'expositions, veut sortir l'art contemporain des lieux élitistes.
Nous y présenterons Eric BERVOET
Eric BERVOET est un jeune artiste peintre que l’on peut qualifier de différent mais nous le laisserons se présenter lui-même lors de l’expo…
Son travail est en tout point remarquable tant dans la spontanéité que la force qu’il fait jaillir sur le moindre centimètre carré de ses toiles.
Très productif, Eric BERVOET a engagé son travail pictural sur différents thèmes, nous nous attacherons lors du festival à montrer celui qu’il a mené autour de la représentation de la femme. Vous découvrirez alors une oeuvre forte et un univers tout à fait interressant…
Marie PIERRE BLANCHET et Anne BEILLEVAIRE
Marie-Pierre Blanchet est infirme moteur cérébral, son élocution est difficile. Elle a suivi des études supérieures, obtenant une licence en Lettres Modernes, et habite à Montpellier (34) dans un appartement indépendant depuis plusieurs années : "Je vis seule, et participe au Conseil d'Administration du GIHP de l'Hérault. J'ai essayé de trouver un emploi, ça a été trop compliqué". Malgré cela, Marie- Pierre Blanchet a une vie remplie : peinture, écriture, musique, danse... Elle multiplie les expositions de ses oeuvres, dont quelques- unes ont été vendues, signe de reconnaissance de la qualité de son travail pictural.
La voici désormais modèle, devant les objectifs d'Anne Beillevaire.
A 33 ans, cette dernière a repris un parcours photographique interrompu en 1997 par un grave accident de moto : elle, amputée des deux jambes au-dessous du genou, et son conjoint tué sur le coup. Avant, elle avait suivi une formation durant quatre ans, au CE3P d'Ivry (94), puis avait travaillé comme tireuse- filtreuse pour l'agence Gamma. "J'avais un orteil dans la presse, je voyais les planches contacts, les retours, les sélections, j'étais en relation avec les photographes". Elle a commencé à faire de la prise de vues et, influencée par son frère motard, elle couvre les courses de motos et partage son temps entre son métier et des piges photo pour des magazines. Jusqu'à l'accident, et l'arrêt de la prise de vues. "J'ai retrouvé le moral quand l'association Art Prime m'a contacté pour exposer lors du salon Autonomic Paris en 2004. Ça m'a incité à reprendre la photographie"... "Je voulais montrer la beauté sans le sexe". Lors du salon Autonomic Marseille, sa rencontre avec Marie- Pierre Blanchet va lui permettre de relancer cette idée. "Elle participait à un défilé de mode, je lui ai proposé de poser, elle m'a demandé pourquoi, je lui ai répondu'parce que tu es belle' !".
Anne a effectué les séances de prise de vues chez Marie- Pierre, "pour m'imprégner de son univers et de son vécu".
"Se montrer nue est tabou pour une personne handicapée, estime Marie-Pierre Blanchet. Je voulais lever ce tabou pour montrer qu'une femme handicapée peut être féminine et pas asexuée. On a toujours mis en valeur mon intelligence, je voulais également montrer que j'ai un corps. Je fais de la danse, la démarche est identique, monter que mon corps s'exprime. Un corps handicapé peut être beau et agréable à regarder. Quand Anne m'a demandé de faire des photos, j'ai d'abord pensé à moi. A mon image. Je voulais me voir pour m'ouvrir. En fait, j'avais peur de me regarder et les photos d'Anne m'ont permis de me voir. J'ai réalisé que je pouvais être belle. Après, quand on a exposé, j'étais détachée et mon corps prouve que le handicap n'est pas une barrière".
Anne Beillevaire a joué sur l'opposition ombre/lumière, une manière de raconter la personnalité de Marie- Pierre : "Au début, je n'ai pas parlé de ces images à ma famille. Mes amis ont été étonnés, ils m'ont encouragée dans cette démarche, et après j'ai montré les photographies à ma famille. Elles sont aussi pour ma famille, pour montrer que j'étais capable d'exposer mon corps même s'il est handicapé. Et dans ma famille on parle peu du corps, ça m'a beaucoup manqué, parmi elle j'ai du mal à me sentir femme. Ma famille me voit encore comme une petite fille handicapée. Grâce aux photos d'Anne, ça va peut- être changer"...
Nous n’avons malheureusement pas de reproduction des peintures de Marie-Pierre à présenter dans cet article.
Commentaires
MERCI!!!!
J'ai entendu parler de cette magnifique initiative dans le journal de la santé, il y a 5 minutes! Je voulais vous faire part de mon enthousiasme d'entendre parler du handicap de cette manière. Mon frère est handicapé de naissance et, depuis toujours, nous nous efforçons de mettre en avant que l'on peut être heureux et handicapé.La société associe trop souvent "oh le pauvre" à sa rencontre.Il a la chance d'être très beau et très expressif: toute sa communication passe par le visage! C'est une mascotte partout où il passe et je crois qu'il contribue à changer le regard des gens sur le handicap. Merci de faire passer un tel message à plus gande échelle!
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